Newsletter WELCOME TO «MIDNIGHT SUN» sommaire

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__Chapitre 1 :__Partie 1__Partie 2__Partie 3_________________________________Chapitre 2 :__Partie 1__Partie 2__Partie 3__Partie 4
__Chapitre 3 :__Partie 1__Partie 2__Partie 3_________________________________Chapitre 4 :__Partie 1__Partie 2__Partie 3
__Chapitre 5 :__Partie 1__Partie 2__Partie 3_________________________________Chapitre 6 :__Partie 1__Partie 2__Partie 3
__Chapitre 7 :__Partie 1__Partie 2__Partie 3__Partie 4______-__________________Chapitre 8 :__Partie 1__Partie 2

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# Posté le jeudi 22 janvier 2009 09:41

Modifié le jeudi 16 juillet 2009 12:47

Chapitre 1

__C'était le temps où je souhaitais être capable de dormir. Lycée. Ou plutôt un purgatoire pour utiliser le mot juste. S'il y avait une façon de racheter mes pêchés, cela devait beaucoup peser dans la balance. L'ennui c'est que j'en avais de plus en plus l'habitude; chaques jours me paraissait plus monotone et impossible que le dernier.

Je suppose que c'était ma façon de dormir ; si dormir est définitivement le stade inerte entre des périodes actives. Je regardais fixement la fêlure qui courait le long du mur le plus éloigné de la cafétéria et j'imaginais le dessin si elle n'y avait pas été. C'était la seule façon de ne pas écouter les voix qui bourdonnaient comme un essaim d'abeille dans ma tête.
Plusieurs centaines de voix que je ne connaissais pas qui me criaient leur ennui. Quand quelque chose apparaissait dans l'esprit d'une personne, j'entendais tout avant, et même plus.

Aujourd'hui, toutes les pensées avaient été accaparées par l'insignifiant drame d'une nouvelle venue parmi les élèves. C'était tellement facile de savoir ce qu'ils pensaient. J'ai vu ce nouveau visage répété esprit après esprit, sous tous les angles. Juste une fille ordinaire. L'excitation pour son arrivée était prévisible de façon agaçante - comme le jouet d'un enfant clignotant. La moitié des garçons, pareil à des moutons mâles, s'imaginaient déjà amoureux d'elle juste parce qu'elle leur avait jeté un coup d'½il. J'essayais difficilement de ne pas les écouter.
Je bloquais seulement quatre voix plus par courtoisie que par déplaisir : ma famille, mes deux frères et mes deux s½urs, qui avaient l'habitude du manque de vie privée en ma présence et qui me donnaient rarement leurs avis. Je leur donnais toute la vie privée que je pouvais. J'essayais de ne pas écouter si je pouvais les aider.

J'essayais tant que j'en avais la possibilité, mais ... Je savais toujours.
Rosalie pensait, en général, à elle. Elle voulait s'apercevoir de profil dans une glace, et elle retournait dans sa tête sa propre perfection. L'esprit de Rosalie était un étang superficiel avec peu de surprises.
Emmett fulminait à propos du match de catch qu'il avait perdu contre Jasper durant la nuit. Il voulait se montrer très patient pour faire en sorte qu'à la fin du cours ils organisent un autre match. Je ne me suis jamais senti intrus en entendant les pensées d'Emmett parce qu'il n'a jamais pensé quelque chose qu'il n'aurait dit tout haut ou fait. Peut-être que je me sentais seulement coupable de lire les esprits des autres parce que je savais qu'il y avait des choses qu'ils n'auraient pas voulu que je sache. Si l'esprit de Rosalie était un étang superficiel, celui d'Emmett était un lac sans ombres, limpide.
Et Jasper...souffrait. Je retins un soupir.

« Edward »

Alice m'appela dans sa tête. Elle avait désormais toute mon attention. Cela aurait été exactement la même chose que si elle m'avait appelé tout haut. J'étais content que l'on m'ait donné ce nom car il se perdait ces dernier temps... Il était ennuyeux. Dès qu'une personne pensait à un Edward je me tournais automatiquement Ma tête ne se tourna pas cette fois. Alice et moi étions doués pour les conversations privées. C'était rare que quelqu'un le remarque. Je gardais mes yeux fixés sur le mur.

« Comment résiste-t-il ? »

Je me refrognais, un imperceptible changement dans la partie supérieure de ma bouche. Rien qui ne pu avertir les autres. Je pouvais facilement me refrogner lorsque je m'ennuyais.
L'esprit d'Alice était maintenant alarmé et je vis dans sa tête qu'elle voyait Jasper dans sa vision.

« Il n'y a aucun danger ? »

Elle cherchait dans le futur proche, écumant les visions avec monotonie pour trouver la source de mon froncement de sourcil. Je tournais lentement ma tête sur la gauche, comme si je regardais les briques du mur, soupirant, et à droite sur la craquelure du plafond. Seul Alice savait pourquoi j'agitais ma tête. Elle se relaxa

« Laisse moi savoir si ça va bien se passer »

Je bougeais seulement mes yeux, vers le plafond, puis en bas.

« Merci de faire ça »

J'étais content de ne pas avoir à répondre tout haut. Qu'est ce que j'aurais dit ? De rien ? C'était difficile de faire cela. Je n'aimais pas lire la lutte de Jasper. Etais-ce réellement nécessaire une expérience comme ça ? Pourquoi ne serions nous en sécurité que lorsqu'il sera capable de contrôler sa soif comme le reste d'entre nous, et ne pas repousser ses limites. Pourquoi un tel flirt avec le désastre ?
Il y a deux week-ends que nous sommes partis chassés. Ce n'est pas une période aussi difficile pour nous que pour lui. Une petite situation inconfortable (si un humain passait trop près de nous, ou si le vent soufflait d'une mauvaise façon). Mais les humains marchaient rarement à côté de nous. Leur instinct leurs disaient ce que leur conscience ne pouvait pas comprendre : nous étions dangereux. Jasper était réellement dangereux maintenant.

A ce moment une petite fille s'arrêta en bout de table, près de la nôtre, pour parler avec ses amis. Elle fit un mouvement bref, et passa les doigts dans ses cheveux couleur de sable. Le radiateur l'envoya dans notre direction. J'avais l'habitude de ce que cette odeur me faisait ressentir- la douleur sèche dans ma gorge, le profond désire de mon estomac, l'automatique contraction de mes muscles, l'excès du flot de mon venin dans ma bouche. C'était à peu près normal, d'habitude, facile à ignorer. C'était juste difficile à ce moment là, avec un ressentiment que je surveillais la réaction de Jasper. Identique à la mienne. Jasper avait laissé son imagination vagabonder. Il s'imaginait se lever de son siège à coté d'Alice et se mettre à coté de la fille. Il pensait se pencher, comme s'il allait lui chuchoter quelque chose à l'oreille, et laisser ses lèvres toucher les courbes de sa gorge. Il pensait comment l'écoulement chaud circulerait vite sous cette peau fine, ce que cela lui ferait de sentir ça sous sa bouche. Je donnais un coup de pied dans sa chaise. Il rencontra mon regard pendant une minute et baissa les yeux. Je pouvais entendre sa honte et sa lutte intérieure dans sa tête.

- Désolé, marmonna Jasper.

J'haussais les épaules

- Tu n'allais rien faire je l'aurai vu, lui murmura Alice, calmant son chagrin.

Je réfrénais une grimace face à ce mensonge. Nous devions rester solidaires, Alice et moi. Ce n'était pas facile, entre entendre des voix et avoir des visions. Comme des monstres parmi les humains. Nous protégions nos secrets les uns les autres.

- Cela t'aiderai un peu si tu pensais à eux comme des personnes, suggéra Alice, sa voix musicale trop rapide pour que les humains comprennent, si jamais quelqu'un était assez près pour entendre.
- Son nom est Whitney. Elle a une petite s½ur qu'elle adore. Sa mère a invité Esmée à une garden party, tu te souviens ?

- Je sais qui elle est, dit sèchement Jasper.

Il tourna la tête ailleurs, pour regarder derrière une petite fenêtre qui était située juste sous l'avant toit, le long de la pièce. Son ton signifiait clairement que la conversation était close.
Il allait devoir chasser ce soir. Il était ridicule de prendre des risques inutiles tels que : essayer de tester sa force, se construire une endurance. Jasper devait juste accepter ses limites et travailler avec elles. Les premières habitudes ne devaient pas conduire sa vie ; il ne pouvait pas continuer sur ce chemin. Alice soupira silencieusement et se leva, prenant son plateau de nourriture – intact – avec elle et le laissa seul. Elle savait qu'il en avait assez de ses encouragements. Bien que la relation qui liait Rosalie et Emmett était plus évidente, c'était Alice et Jasper qui se connaissaient le mieux, aussi bien que eux-mêmes. Comme s'ils pouvaient lire dans l'esprit l'un de l'autre.

« Edward Cullen »

Pur réflexe. Je tournais la tête vers l'endroit où mon nom avait était appelé. Pensé. Il n'avait pas été appelé, juste pensé. Mes yeux s'accrochèrent une fraction de seconde à une paire de yeux grands ouverts d'humain, couleur chocolat, sur un visage pale en forme de c½ur. Je connaissais cette figure, bien que je ne l'avais jamais vue avant ce moment. Il avait été dans tous les esprits des élèves aujourd'hui. La nouvelle élève, Isabella Swan. La fille du chef de police de la ville, amenée à vivre ici, dans une nouvelle situation. Bella. Elle corrigeait quiconque utilisait son nom en entier. Je regardais ailleurs, ennuyé. Cela me prit une seconde pour réaliser qu'elle n'était pas celle qui avait pensé mon nom.

« Bien sûr elle a déjà remarqué les Cullens »

J'entendais le premier esprit continuer. Maintenant je reconnaissais cette voix. Jessica Stanley – il y avait un certain temps qu'elle ne m'avais pas ennuyé avec son bavardage intérieur. Quel soulagement c'était quand son amourette lui sortait de la tête. L'habitude de ne presque jamais échapper à ses rêves constants et ridicules. Parfois, je souhaitais pouvoir lui expliquer exactement ce qu'il pourrait arriver si mes lèvres, et mes dents cachées derrière, s'étaient trouvées près d'elle. Si il y avait du silence plutôt que ses ennuyantes fantaisies. Imaginer sa réaction me fit presque sourire.

« Grand bien lui fasse. Elle n'est pas vraiment jolie. Je ne sais pas pourquoi Eric la fixe comme ça... ou Mike »

Elle grimaça intérieurement au dernier nom pensé. Son nouvel engouement, le populaire Mike Newton, qui l'ignorait complètement. Apparemment, il n'était pas si oublieux avec la nouvelle fille. Comme un gamin avec un merveilleux objet, encore. Cela mit une limite sévère dans l'esprit de Jessica, bien qu'elle soit en apparence cordiale avec la nouvelle venue en lui expliquant ce qu'elle savait à propos de ma famille. La nouvelle devait avoir posé des questions sur nous.

« Tout le monde m'a regardé aujourd'hui aussi, pensa Jessica d'un ton suffisant en aparté, ce n'est vraiment pas de chance que Bella ai deux classes avec moi. Je parierai que Mike va me poser des questions sur elle »

J'essayais de bloquer le bavardage idiot et de le faire sortir de ma tête avant que les mesquins et insignifiants commérages me rendent complètement fou.

- Jessica donne des information à la nouvelle Swan ainsi que le linge sale de la famille Cullen, murmurais-je à Emmett comme une distraction. Il gloussa en soufflant.

« J'espère qu'elle prend ça bien »

- Plutôt sans imagination, en fait. Juste le minimum d'allusion au scandale. Pas une pointe d'horreur. Je suis un peu déçu.
- Et la nouvelle élève ? Est-elle déçue d'aussi bons commérages ?

J'écoutais d'une oreille ce que la nouvelle fille, Bella, pensait de l'histoire de Jessica. Qu'est-ce qu'elle voyait en regardant l'étrange famille, à la peau aussi blanche que la craie, évitée par tout le monde ? C'était en quelque sorte ma responsabilité de savoir sa réaction. J'agissais comme un surveillant, faute d'un monde meilleur, pour ma famille. Pour les protéger. Si quelqu'un commençait à avoir des soupçons, je pouvais les prévenir à l'avance et battre en retraite rapidement. Des fois cela arrivait – un humain avec une imagination débordante voyait en nous des personnages de livres ou de films. En général ils se trompaient, mais c'était mieux de changer d'endroit au lieu de risquer une surveillance. Très rares étaient les personnes qui voyaient juste. Mais nous ne leur donnions pas la chance de tester leurs hypothèses. Nous disparaissions simplement, pour ne devenir qu'un fragment de leur mémoire. Je n'entendais rien, bien que j'écoutais près du monologue intérieur de Jessica qui continuait de jaillir. C'était comme si il n'y avait personne assit devant elle. Quelle particularité, cette fille avait-elle? Cela ne semblait pas probable en voyant Jessica parler avec elle. Je levais les yeux, me sentant déséquilibré. Je vérifiais que mon ouïe surdéveloppée marchait encore - c'était quelque chose que je n'avais jamais eu à faire. Encore une fois, mon regard s'accrocha avec les mêmes profonds yeux marron. Elle était assise où elle était avant, et nous regardait ; une chose naturelle à faire, je suppose, comme Jessica était toujours en train de la régaler avec les commérages sur les Cullen. Elle pensait à nous aussi, c'était naturel. Mais je n'entendais pas un murmure.

Des alléchantes bouffées de chaleur teintèrent ses joues de rouge lorsqu'elle baissa le regard, ailleurs, comme si elle venait de se faire attraper en train de fixer un inconnu. Heureusement que Jasper gardait toujours le regard sur la fenêtre. Je ne préfèrerais pas imaginer ce que l'étendue de son sang aurait comme répercutions sur son contrôle. Les émotions étaient aussi claires sur son visage que si elle les avait écrit en lettres détachées sur son front : surprise, comme si elle ne le savait pas, absorbée par les signes de l'imperceptible différence entre elle et moi ; la curiosité, lorsqu'elle écoutait l'histoire de Jessica, et des fois plus... fascinée ? – Ce ne serait pas la première fois. Nous étions sublimes pour eux, notre proie désirée. - Et finalement, embarrassée, lorsque je l'ai attrapée en train de me fixer.
De plus, bien que ses pensées soient très claires dans ses yeux surprenants –surprenants, à cause de leur profondeur ; les yeux marron paraissaient souvent ternes dans leur obscurité. Je ne pouvais rien entendre hormis le silence à la place où elle était assise. Rien du tout. Je me senti soudain inquiet. Ce n'était pas quelque chose que j'avais rencontré avant. Est-ce qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas avec moi ? Inquiet, j'écoutais plus ardemment.
Toutes les voix que j'avais bloquées furent soudain dans ma tête.

« Demande quel genre de musique elle aime. Peut-être pourrais-je lui parler de ce nouveau CD. » Pensait Mike Newton, deux table plus loin, en fixant Bella Swan.

« Regardez-le en train de la fixer. Ce n'était pas assez d'avoir la moitié des filles du lycée à ses pieds. » Eric Yorkie avait des pensées sulfureuses, aussi autour de la fille.

« Tellement éc½urant. Pensez vous qu'elle soit célèbre où quelque chose... Même Edward Cullen la fixe » Lauren Mallory était tellement jalouse que cela se voyait sur son visage, elle était verte. Et Jessica exhibe sa nouvelle meilleure amie. Quelle bonne blague !

« Des tonnes de trucs que je laisserais tomber ce soir. Casse tête, et le test d'anglais. J'espère que ma mère » Angela Weber, une fille tranquille, avec des pensées
Je pouvais tous les entendre, toutes les choses insignifiantes qu'ils pensaient, comme celles qui traversaient leur esprit. Mais rien de la nouvelle élève avec des yeux plus communicatifs qu'ils n'y paraissaient. Bien sûr je pouvais entendre ce qu'elle disait lorsqu'elle parlait avec Jessica. Je n'avais pas besoin de lire dans les esprits pour être capable d'entendre sa voix basse et claire dans le grand hall de la cantine.

- Qui c'est, ce garçon aux cheveux blond roux ? l'entendais-je demander, ne pouvant s'empêcher de me regarder du coin des yeux, puis vite détourner le regard lorsqu'elle vit que je la fixais toujours.

J'avais espéré qu'entendre le son de sa voix m'indiquerait le timbre de ses pensées, perdu quelque part où je ne pouvais avoir accès, je fus immédiatement déçu. D'habitude les pensées des gens avaient la même teneur que leur voix physique. Mais ce timide silence était une voix inhabituelle, et ce n'était pas une des centaines de pensées qu'il y avait dans la pièce, j'étais sur de ça. Complètement nouveau.

« Oh bonne chance idiote » pensa Jessica avant de répondre à sa question.

- Edward. Il est superbe, mais inutile de perdre ton temps. Apparemment, aucune des filles d'ici n'est assez bien pour lui, renifla-t-elle.

Je détournais la tête pour cacher mon sourire. Jessica et ses camarades de classe n'avaient pas idée de la chance qu'elles avaient que je ne m'intéresse pas à l'une d'elle en particulier.
Sous l'éphémère pensée, je senti une étrange impulsion, que je ne compris pas tout de suite. Cela avait quelque chose à voir avec les malfaisantes et insignifiante pensées de Jessica dont la nouvelle n'avait pas conscience. Je ressentis une forte envie de m'immiscer entre elle, pour protéger Bella Swan des pensées noires de Jessica. Quel sentiment bizarre. ! J'essayais de découvrir les motivations cachées derrière cette impulsion, j'examinais la fille une nouvelle fois. Peut-être que c'était juste un instinct protecteur profondément enfoui. Les forts protégeant les faibles. Cette fille semblait plus fragile que ses nouveaux camarades. Sa peau était si translucide qu'il était difficile de croire qu'elle constituait une défense fiable contre les agressions extérieure. Je pouvais voir la pulsation rythmée de son sang dans ses veines à travers sa claire et pâle peau. Mais je ne devais pas me concentrer sur ça. J'étais bon dans cette vie que j'avais choisie, mais j'étais aussi assoiffé que Jasper et il n'y avait pas de compromis avec cette délicieuse tentation.
Il y avait un léger pli entre ses yeux marron dont elle semblait ne pas avoir conscience.
C'était incroyablement frustrant ! Je pouvais clairement voir qu'elle faisait un effort pour rester assise là, faire la conversation avec des étrangers, étant leur centre d'attention. Je pouvais deviner sa timidité de la façon dont elle tenait ses frêles épaules, légèrement voûtées, comme si elle s'attendait à une rebuffade à tout moment. Mais je pouvais seulement deviner, je pouvais seulement voir, seulement imaginer. Il n'y avait rien à part le silence de cette extraordinaire fille ; Je ne pouvais rien entendre. Pourquoi ?

- On y va ? murmura Alice, interrompant le cours de mes pensées.

Je me détournais du visage de la fille avec un sentiment de soulagement. Je ne voulais pas continuer d'échouer ainsi cela m'énervais. Et je ne voulais pas développer un quelconque intérêt pour ses pensées cachées, simplement parce qu'elles m'étaient inconnues. Pas de doute, lorsque je déchiffrerais ses pensées – et je voulais trouver une façon de le faire – ce ne sera que insignifiant et futile, comme les pensées de n'importe quel humain. Cela ne valait pas l'effort que je lui portais.

- La nouvelle est-elle aussi effrayée par nous ? demanda Emmett, attendant toujours une réponse pour sa question d'avant.

J'haussais les épaules. Il n'était pas assez intéressé pour demander plus d'explications. Je n'aurai pas du être intéressé. Nous nous levions de table et quittions la cafétéria.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 08:27

Modifié le mercredi 01 avril 2009 11:28

__Emmett, Rosalie et Jasper étaient supposés être dans les grandes classes, et partirent à leurs cours. Je jouais un rôle plus jeune qu'eux. Je partais pour mon cours de première de biologie avancée. Je préparais mon esprit à l'ennui. C'était un certain Mr Banner, un homme d'intellect moyen, que rien ne réussissait à sortir de sa lecture, ce qui n'était pas une grande surprise pour quelqu'un qui était diplômé de médecine.

En classe, je m'assis sur ma chaise et sortis mes livres. Il n'y avait rien dedans que je ne savais déjà. J'étais le seul étudiant qui avait une paillasse à lui seul. Les humains n'étaient pas assez malins pour deviner qu'ils me craignaient, mais leur instinct de survie assez, pour les éloigner. La salle se remplissait lentement comme elle s'était vidée à la cantine. Je me penchais en arrière sur ma chaise et attendais que le temps passe. Je souhaitais encore pouvoir dormir. Je pensais à elle, quand Angela Weber escorta la nouvelle à travers la pièce, son nom s'imposa à mon attention.

« Bella est aussi timide que moi. Je jurerai que ce jour est très difficile pour elle. Je souhaiterai lui dire quelque chose. Mais cela paraîtra sûrement stupide »

Toujours, à la place où se tenait Bella Swan, il n'y avait rien. La place vide de ses pensées m'irritait et me décontenançait. Elle s'approcha, marchant dans l'allée centrale à coté de moi, vers le bureau du professeur. Pauvre fille. Le seul siège disponible était celui à côté du mien. Automatiquement je compris que ce serait le sien, je poussais mes livres en pile. Je doutais que cela soit très confortable. Elle était ici pour un long semestre –dans cette classe du moins.

Peut-être , pensais-je, qu'en étant assit à côté d'elle, je serai capable de percer ses secrets.

Bella marchait dans un écoulement de chaleur que le vent m'envoya. Son parfum me frappa tel une balle destructrice, un coup de massue. Il n'y avait pas d'images assez violentes pour décrire cette force qui me frappa en cet instant. A cet instant, je n'avais plus rien d'humain il n'y avait plus une once d'humanité en moi. J'essayais de retrouver mes esprits. J'étais un prédateur. Elle était ma proie. Il n'y avait rien de plus vrai au monde. Il n'y avait pas assez d'une pièce rempli de témoins ils n'étaient que des détails secondaires dans ma tête. Le mystère de ses pensées était oublié. Ses pensées ne voulaient rien dire, puisqu'elle ne pourrait pas les penser encore longtemps. J'étais un vampire, et elle avait le sang le plus doux que j'avais sentit en plus de quatre-vingts ans. Je n'avais jamais pensé qu'un tel parfum puisse exister. Si je l'avais su cela aurait fait longtemps que je serais à sa recherche. J'aurais passé la planète au peigne fin pour cela. Je pouvais imaginer son goût. Ma soif brûlait ma gorge en feu. Ma bouche était chaude et sèche. Le flot frais de venin ne dissipait en rien ce sentiment. Mon ventre se tordait de faim en faisant écho à ma soif. Mes muscles se bandaient pour sauter.

A peine quelques secondes s'étaient écoulées. Elle se tenait toujours à la même place, dans le sens du vent. Au même moment où ses pieds touchèrent l'étal, elle posa ses yeux sur moi, un mouvement très furtif. Son regard rencontra le mien, je vis mon reflet se refléter dans le large miroir de ses yeux. Je pu y voir le choc qui se peignait sur ses traits, qu'elle mettait sa vie de côté pour quelques instants. Elle ne le cacha pas facilement. Quand elle décrypta l'expression de mon visage, du sang afflua à ses joues à nouveau, donnant à sa peau la plus belle couleur que je n'avais jamais vue. Son odeur formait une brume épaisse dans mon cerveau. Je pouvais tout juste penser à autre chose. Mes pensées faisaient rage, échappant à mon contrôle, incohérentes.

Elle marchait plus rapidement maintenant, comme si elle comprenait qu'elle devait s'échapper. Sa hâte la rendait maladroite. Elle tangua et trébucha en avant, en tombant quasiment sur la fille assise devant elle. Vulnérable, faible. Même plus qu'a l'ordinaire pour un humain. J'essayais de me concentrer sur sa figure, et je vis dans ces yeux, un visage que je reconnu avec révulsion. Le visage du monstre en moi, que j'avais combattu pendant des décennies, grâce a des efforts et une discipline pure et dure. Comme il ressortait facilement à la surface maintenant ! Son parfum tourbillonnait à nouveau autour de moi, éparpillant mes pensées et en me projetant presque en dehors de mon siége.

Ma main s'agrippa au rebord de table lorsque j'essayais de garder mon contrôle. Le bois ne facilitait pas la tâche. Ma main écrasait le montant et s'en décrocha avec des échardes dans la paume. Laissant la forme de mes doigts gravé dans le restant de bois. Anéantir les preuves .C'était une règle fondamentale. Rapidement je pulvérisais la forme avec le bout de mes doigts. Il ne restait rien à part un trou rageur dans le sol et plein de copeaux de bois. Anéantir les preuves. Dégâts collatéraux. Je savais ce qui allait arriver maintenant. La fille s'assierait à côté de moi, et je voudrai la tuer.

Les élèves innocents de cette classe, dix-huit autres enfants et un homme, qui ne pouvaient pas quitter la salle en voyant ce qu'ils allaient voir. J'hésitais à la pensée de ce que je devais faire. Même dans mon pire état, je n'avais jamais commis ce genre d'atrocités. Je n'avais jamais tué d'innocents, pas dans les huit dernières décennies. Et maintenant je planifiais de massacrer vingt d'entre eux. Le visage du monstre dans le miroir me nargua. Même si une partie de moi tressaillit devant le monstre, une autre part élaborait des plans. Si je tuais la fille en premier, j'aurai seulement quinze ou vingt secondes avec elle avant qu'un humain dans la pièce ne réagisse. Peut être un peu plus de temps s'ils ne réalisent pas tout de suite ce que je suis en train de faire. Elle n'aura pas le temps de crier ou de sentir la douleur; je ne la tuerai pas cruellement. Tant que je peux obtenir cette fille avec son sang horriblement désirable. Et par la suite, je devrai les empêcher de s'échapper. Je ne m'inquiétais pas pour les fenêtres, trop hautes et trop petites pour fournir une échappatoire. Juste une porte - La bloquer, et ils étaient piégés. Ce serait plus lent et plus difficile d'essayer de les tuer quand ils seront paniqués et effrayé, ils se disperseraient en pagaille. Pas impossible, mais cela serait beaucoup trop bruyant et prévoirait beaucoup de hurlements. Quelqu'un pourrait entendre...et je serais forcé de tuer plus d'innocents dans ces heures noires. Et son sang refroidira, tandis que je tuerai les autre.
Le parfum me punit, ma gorge se ferma avec une sècheresse douloureuse. Donc d'abord les témoins.

Je planifiais cela dans ma tête. J'étais dans le milieu de la pièce, à l'extrême rangé dans le fond. Je prendrai ceux de droite en premier. J'estimais que je pourrai casser net quatre ou cinq de ces cous par seconde. Cela ne devrai pas être bruyant. La rangée de droite serait la plus chanceuse ; ils ne me verraient pas arriver. Me déplaçant au premier rang et repartir sur le rang de gauche, au plus, cinq secondes pour éliminer toute vie dans cette pièce. Assez longtemps pour que Bella Swan comprenne, brièvement ce que j'avais projeté pour elle. Assez longtemps pour qu'elle ressente la peur. Assez longtemps, si le choc ne l'avais pas figée sur place, pour pousser un cri. Un cri éphémère n'alertera personne. Je pris une profonde inspiration, et son odeur fût un feu qui se précipita à travers mes veines, incendiant ma poitrine pour absorber la meilleure impulsion dont j'étais capable.

Elle était juste tournée maintenant. En quelques secondes elle fût assise à quelques mètres de moi. Le monstre intérieur sourit d'anticipation. Quelqu'un fit claquer un dossier sur ma gauche, je ne cherchais pas à voir qui était ce damné humain. Mais ce mouvement m'envoya une vague d'ordinaire, un air non parfumé flotta sur ma figure.

Pendant une courte seconde, je fus capable de penser clairement. Pendant cette précieuse seconde je voyais deux visages dans ma tête, côte à côte.
L'un, était le mien, ou plutôt celui que j'avais été : les yeux rouges du monstre qui avait tué tellement de personnes que j'avais arrêté de les compter. Des morts rationnelles et justifiées. Le meurtrier des meurtriers, les plus monstrueux tueurs. C'était un bon complexe, je reconnaissais cela – décisif pour mériter la peine de mort. C'était un compromis avec moi-même. Je me nourrissais de sang humain, mais seulement ceux qui échappaient à la définition. Mes victimes étaient, dans leur différents passe-temps sombres, pas plus humain que moi.

L'autre visage était celui de Carlisle. Il n'y avait aucune ressemblance entre les deux physionomies. C'était le jour et la nuit. Ils n'avaient aucune raison de se ressembler, Carlisle n'était pas mon père, dans le sens biologique du terme. Ils n'avaient aucun trait en communs. La seule similarité était notre couleur d'épiderme, le produit de ce que nous étions. Tous les vampires avaient la même peau blanche et froide. La similitude de la couleur de nos yeux était une autre affaire : une réflexion de notre choix mutuel. De plus, bien qu'il n'y ait pas de ressemblance de base, j'imagine que mon visage commençait à refléter toute l'étendue de ces dernier soixante-dix ans où j'avais fait ce choix et je l'avais Mes traits n'avaient pas changés, mais ils me semblaient qu'ils étaient marqués par la sagesse. Un peu de compassion se dessina sur mes lèvres, et une évidence patiente était lisible dans ses sourcillements.
Une toute petite amélioration, vite disparue, dans la figure du monstre qui était en moi. Dans quelques instants, il n'y aurait plus rien à ma gauche qui pourrait refléter les années passées avec mon créateur, mon mentor, mon père de bien des façons. Mes yeux rougeoyaient tel un démon. Toute ressemblance serait perdue à jamais. Dans ma tête, les yeux de Carlisle ne me jugeaient pas. Je sais qu'il voulait oublier ce que j'avais fait. Parce qu'il m'aimait. Parce qu'il pensait que j'étais meilleur que je ne l'avais été. Et il voulait toujours m'aimer, comme je voulais lui prouver qu'il avait tort.

Bella Swan s'assit sur la chaise à côté de moi, dans un mouvement raide et maladroit et l'odeur de son sang m'entoura inexorablement dans un nuage. Je voulais prouver à mon père qu'il se trompait sur moi. La douleur de ce fait me heurta presque aussi fort que le feu dans ma gorge. Je me poussais loin d'elle, révulsé, révolté par le monstre qui voulait la tuer.
Pourquoi devait-elle venir ici? Pourquoi devait-elle exister ? Pourquoi devait-elle ruiner le peu de paix que j'avais dans cette non vie ? Pourquoi cette humaine exaspérante était-elle née ? Elle voulait ma mort.

Je tournais la tête ailleurs, brusquement, une haine irrationnelle me traversait.
Qui était cette créature ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi devais-je tout perdre juste parce qu'elle avait choisit d'apparaître dans cette ville ? Pourquoi était-elle venue ! Je ne voulais pas être un monstre ! Je ne voulais pas tuer toute cette pièce remplie d'inoffensifs humains ! Je ne voulais pas perdre tout ce que j'avais gagné dans cette vie de sacrifice et de mensonges. Je ne voulais pas. Je voulais rester moi. L'odeur était un problème, cette horrible illusion de l'odeur de son sang. Si il y avait une façon de résister. Si seulement un air de vent frais pouvait m'éclaircir les idées.

Bella Swan secoua ses longs et épais chevaux acajou dans ma direction. Etait-elle folle ? C'était comme si elle encourageait le monstre, se moquant de lui. Il n'y avait pas de brise amicale pour souffler l'odeur loin de moi .Tout serai bientôt perdu. Non, il n'y avait pas de vents serviables. Mais je ne devais pas respirer. Je stoppais l'air qui coulait dans mes poumons, le soulagement fut instantané, mais incomplet .J'avais toujours le souvenir du parfum dans la tête, son goût sur ma langue. Je ne serais pas capable de résister bien longtemps. Mais peut être que je pourrais résister une heure. Une heure. Juste assez de temps pour sortir de cette pièce pleine de victimes, victimes qui ne devraient pas être des victimes. Si je pouvais résister une petite heure.

C'était une sensation inconfortable, de ne pas respirer. Mon corps n'avait pas besoin d'oxygène, mais cela allait contre mes instincts. Dans ces périodes de stresse je me fiais à mon odorat, plus qu'à mes autres sens. Cela me ramenait à ma façon de chasser, c'était le premier avertissement en cas de danger. Je ne donnais pas l'impression d'être aussi dangereux que je l'étais, l'auto persuasion était aussi forte chez mon espèce que l'humain ordinaire.

Inconfortable, mais maîtrisable. Plus tenable que de la sentir et ne pas enfoncer mes dents dans son cou mince et maigre, cette peau transparente avec la chaleur, l'humidité, la pulsation de... Une heure ! Juste une heure ! Je ne devais pas penser au parfum ni au goût.
La fille muette gardait ses cheveux entre nous, penchés en avant, ces derniers se répandaient d'un bout à l'autre de son classeur. Je ne pouvais pas voir son visage, pour essayer de lire les émotions dans ses yeux clairs et profonds. Etait-ce pourquoi elle plaçait ses cheveux de la sorte ? Pour me cacher ses yeux ? Par peur? Timidité? Pour me cacher ses secrets ?

Mon ancienne irritation contrecarrée par ses pensées silencieuses était faible et claire en comparaison au besoin (et à la haine) qui me possédaient maintenant. Je détestais cette femme enfant à côté de moi, la détestais avec toute la ferveur avec laquelle je m'accrochais à mon ancien moi, mon amour pour ma famille, mes rêves d'être quelqu'un de meilleur. La détester, exécrer de ce qu'elle me faisait ressentir cela aidait un peu. Oui, l'irritation que je ressentais avant était faible, mais cela aidait également un peu. Je m'accrochais à des émotions qui me distrayaient de ma volonté qui voulait la goûter. Haine et irritation. L'heure ne passera-t-elle jamais? Et quand l'heure sera finie...Elle marchera en dehors de cette classe. Et je ferais quoi?
Je pourrais me présenter.

« Bonjour, mon nom et Edward Cullen. Peut être que je pourrais t'accompagner à ton prochain cours ? »

Elle dira oui. Ce sera la chose la plus polie à faire. Même si elle me craignait déjà, comme je le suspecte, elle suivrait les règles de politesse et marcherait à côté de moi. Ce sera assez facile de la mener dans une mauvaise direction. Pour motif d'aller vers la forêt qui s'étendait jusqu'au parking du lycée. Je pouvais lui dire que j'avais oublié un livre dans ma voiture. Est-ce que quelqu'un s'apercevrait que j'étais la dernière personne à être vu avec elle ? Il pleuvait, comme d'habitude ; deux imperméables noirs qui n'allaient pas dans la bonne direction n'allaient pas porter grand intérêt et m'offrirais la chance de partir. Excepté que je n'étais pas le seul étudiant conscient de sa présence aujourd'hui - aucune personne n'était aussi consciente de cela que moi. Mike Newton en particulier, était conscient de tous ses mouvements lorsqu'elle gesticulait sur ça chaise - elle était inconfortablement trop près de moi, juste comme quelqu'un d'autre l'aurait été, juste comme je m'y attendais avant que son odeur ne détruise toutes considérations charitables. Mike Newton s'en serait-il aperçu si elle quittait la classe avec moi?

« Si je pouvais tenir une heure, pourrais-je en tenir deux ? »

J'hésitais à la douloureuse sensation de brûler. Elle rentrerait dans une maison vide. Le chef de police Swan travaillait tous les jours. Je savais où était sa maison, je savais où étaient toutes les maisons dans cette petite ville. Sa maison était juste à droite, après le bois touffu, sans aucuns voisins. Si elle avait le temps de crier il n'y aurait personne pour l'entendre. C'était une façon responsable de s'en occuper. J'avais tenu sans sang humain pendant sept décennies. Si je retenais mon souffle, je pouvais tenir deux heures. Et lorsqu'elle sera seule, il n'y aurait personne pour lui venir en aide. J'étais sophiste de penser pouvoir sauver les dix-neuf humains dans cette salle à force d'efforts et patience, je voulais être le moins monstrueux lorsque je tuerai cette fille. Bien que je la détestais, je savais que ma haine était injuste. Je savais que la personne que je détestais réellement, c'était moi. Et je la haïrai encore plus lorsqu'elle sera morte. Je passais cette heure de cette façon - à imaginer la meilleure façon de la tuer. J'essayais d'éviter d'imaginer l'acte ici même. Cette force était trop puissante pour moi. Je perdrai sûrement la bataille et pour finir, tuerai ces élèves à la vue de tout le monde. Je planifiais donc des stratégies, rien de plus. Je me contrôlerai pendant une heure.

Une fois, vers la fin de l'heure, elle me jeta un coup d'½il derrière le fluide mur de ses cheveux. Je pouvais sentir la haine injustifiée me brûler de l'intérieur comme lorsque j'avais rencontré son regard – en voyant mon reflet dans ses yeux effrayés. Du sang afflua à ses joues avant qu'elle ne puisse les cacher, et je faillis perdre la bataille. Mais la cloche sonna.

« Sauvé par le gong, tellement cliché ».

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 10:04

Modifié le mercredi 01 avril 2009 11:28

__Nous étions sauvés. Elle, sauvée de la mort. Moi, sauvé juste pendant un court temps avant de devenir la créature cauchemardesque que je craignais et que j'aurais préféré ne pas être.
Je ne pu marcher doucement comme je l'aurais voulu, je sortis de la salle comme une flèche. Si quelqu'un avait regardé à ce moment là, il aurait pu deviner qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas dans ma façon de marcher. Mais personne ne me prêta attention. Leurs pensées tournaient toujours autour de la fille qui avait été condamnée à mort pendant un peu plus d'heure.

Je me cachais dans ma voiture. Je n'aimais pas penser que j'avais à me cacher. Cela semblait tellement lâche. Mais c'était incontestablement le cas maintenant. Je n'avais pas assez de discipline pour être avec des humains maintenant. La concentration pour ne pas tuer l'un d'entre eux, ne me laissait aucune ressources pour résister aux autres. Cela aurait été du gaspillage. Si je m'abandonnais au monstre maintenant, cela aurait été la pire des défaites. Je mis un CD de musique, qui me calmait habituellement mais là, il ne pouvait pas grand chose pour moi. La meilleure aide était le vent frais humide qui venait, à travers la pluie, jusqu'à ma fenêtre. Bien que je pouvais me rappeler avec exactitude l'odeur du sang de Bella Swan, l'air sain que j'inhalais me lavait de l'intérieur et me débarrassait de cette infection. Je redevins saint d'esprit et je pût de nouveau réfléchir. Je pouvais me battre à nouveau. Me battre contre ce que je ne voulais pas être. Je n'avais pas à aller chez elle. Je n'avais pas à la tuer. Manifestement j'était rationnel, une créature dotée de raison, j'avais le choix. J'avais toujours le choix. Je n'avais pas ressenti cela dans la classe. Mais j'étais loin d'elle maintenant. Peut-être que si je l'évitai en faisant très attention, je n'aurai pas besoin de changer de vie. J'avais ordonné les choses de cette façon que ma vie me plaisait telle qu'elle était. Pourquoi devrais-je laisser quelqu'un d'aussi exaspérant et délicieux détruire cela ?

Je ne devais pas décevoir mon père. Je ne devais pas faire subir à ma mère le stress, l'inquiétude, la peine. Oui, cela allait blesser ma mère adoptive. Et Esmé était tellement douce, tendre et calme. Causer de la peine à quelqu'un comme Esmé était vraiment impardonnable. Quelle ironie d'avoir voulu protéger cette humaine des piètres et inefficaces menaces de l'esprit sournois de Jessica. J'étais la dernière personne à prétendre pouvoir être le protecteur de Bella Swan. Elle n'avait jamais eu besoin d'autant de protection que contre moi.

Où était Alice, me demandais-je subitement ? Ne m'a-t-elle pas vu tuant Bella Swan de toutes les façons différentes ? Pourquoi n'est-elle pas venue m'aider pour me stopper, ou m'aider à faire disparaître les preuves, à sa préférence ? Etait-elle trop absorbée par les problèmes de Japser qu'elle a manqué cette si terrible possibilité ? Etais-je plus fort que je ne pensais ? N'allai-je réellement rien faire à cette fille ?

Non. Je savais que cela était faux. Alice devait être très concentrée sur Jasper. Je cherchais dans la direction où je savais qu'elle serait, dans le petit bâtiment utilisé pour les classes d'anglais. Cela ne me pris pas longtemps pour localise sa voix familière. Et j'avais raison. Toutes ces pensées étaient tournées vers Jasper, observant ses choix avec minutie. J'espérais que je pourrais lui demander ses conseils, mais en même temps, j'étais content qu'elle ne sache pas ce dont j'étais capable. Qu'elle ne se soit pas rendue compte du massacre auquel j'avais pensé pendant la dernière heure. Je sentais une nouvelle brûlure à travers mon corps une brûlure de honte. Je voulais qu'aucun d'entre eux ne le sache. Si je pouvais éviter Belle Swan, si je pouvais réussir à ne pas la tuer. Personne ne devait savoir. Si je pouvais rester éloigné de son parfum.

Il n'y avait pas de raisons que je n'essaie pas, du moins. Faire le bon choix. Essayer d'être comme Calisle pensait que j'étais.

La dernière heure de cours était presque terminée. Je décidais de mettre aussitôt mon nouveau plan en action. C'était mieux que de rester ici dans le parking où elle pourrait passer et ruiner mes tentatives. A nouveau, je ressentais cette haine injuste envers cette fille. Je détestais qu'elle ait ce pouvoir sur moi. Ce qu'elle pouvait me faire était quelque chose que j'injuriais. Je marchais promptement d'un bout à l'autre du campus, en direction du secrétariat. Il n'y avait pas de raisons pour que Bella Swan s'y rende à son tour. Elle fuirait, comme la peste qu'elle était.

La pièce était vide, à l'exception de la secrétaire, la personne que je voulais voir.
Elle ne remarqua pas mon entrée silencieuse.

- Mme Cope?

La femme avec les cheveux anormalement rouges leva ses yeux qui s'agrandirent. Cela leur faisait toujours cet effet lorsqu'ils baissaient leur garde, les petite marques qu'ils ne comprenaient pas, même après nous avoir vus plusieurs fois.

Oh, haleta-t-elle, un peu nerveuse. Elle lissa son chemisier. Ridicule. Il est presque assez jeune pour être mon fils. Trop jeune pour penser à lui de cette manière...

- Bonjour Edward. Qu'est ce que je peux faire pour toi ?
- Je me demandais si vous pourriez m'aider avec mon programme.

J'entendais les battements de son coeur augmenter.

- Bien sûr Edward. Comment puis je t'aider?
Trop jeune, trop jeune, psalmodiait-elle à elle même.

Faux, bien sûr. J'étais plus vieux que son grand-père. Mais selon mon permis de conduire elle avait raison.

- Je voulais savoir si vous pouviez déplacer mon cour de biologie avancée? Physique peut-être?
- Y a t- il un problème avec M.Banner, Edward?
- Pas du tout, c'est juste que j'ai déjà étudié cette matière...
- Dans cette école accélérée ou tu allais en Alaska, tout a fait.

Ils devraient tous être à l'Université. J'ai entendu les professeurs se plaindre. Parfaits en tous points, jamais une hésitation avec une réponse, jamais une mauvaise réponse à un test. Comme s'ils trouvaient une manière de tricher dans toutes les matières! M.Varner préférerait croire qu'ils trichent plutôt qu'un élève soit plus intelligent que lui... je jurerai que leur mère adoptive les...

- En faite, Edward, les cours de physique sont complets maintenant. Mr Banner déteste avoir plus de vingt-cinq élèves dans sa classe.
- Je n'aurais aucune difficulté.
- Je sais cela Edward c'est juste qu'il n'y aura pas assez de place pour...
- Je pourrais abandonner la biologie ? J'utiliserai ce temps pour étudier les autres matières.
- Abandonner la biologie ?

C'est fou. Il se donne beaucoup de mal pour un sujet qu'il sait déjà. Il doit sûrement avoir un problème avec monsieur Banner. Je me demande si je ne devrais pas lui en toucher deux...

- Tu n'as pas assez de crédit pour monter dans la classe supérieur.
- Je le reprendrai l'année prochaine.
- Peut-être devrais-tu parler de tout ça avec tes parents.

La porte s'ouvrit derrière moi, mais qui que ce soit, il ne pensait pas à moi. J'ignorais donc le nouvel arrivant me concentrant sur Mme Cope. Je m'avançais légèrement plus près, m'aidais de mes yeux plus ouverts. Ils faisaient un meilleur travail lorsqu'ils étaient or plutôt que noir. Le noir effrayait les gens, comme il le devait.

- S'il vous plait Mme Cope. Je modelais ma voix de façon à ce qu'elle soit la plus régulière et convaincante possible. Il n'y a pas d'autre section où je pourrais aller. Je suis sûr qu'il y a une possibilité quelque part. Six heures de biologie ne sont pas la seule solution.

Je lui souriais, faisant attention de ne pas trop l'éblouir avec mes dents laissant des expression adoucir mon visage. Son c½ur se mit à battre plus fort.

Trop jeune se répétait-elle désespérément

- Je pourrai en parler avec Bob... je veux dire Mr Barnner. Je pourrai voir si...

En une seconde tout changea : l'atmosphère dans la pièce, ma mission en venant ici, la raison pour laquelle je me penchais vers la jeune femme aux cheveux rouges. Ce qui avait été un but pour moi était maintenant pour les autres. Une seconde où Samantha Wells ouvrit la porte, placé un signet tardif dans la corbeille à côté de la porte, et ressortit sans demander son reste, vers la ruée qui sortait du lycée. Une seconde pour qu'une rafale de vent passe au travers de la porte et me percute. Une seconde pour comprendre pourquoi la première personne qui avait ouvert la porte ne m'avait pas interrompue avec ses pensées. Je me retournais, bien que je n'en avais pas le besoin pour être sur de moi. Je me retournais lentement, luttant pour garder le contrôle de mes muscles qui se rebellaient contre moi.
Bella Swan se tenait avec son sac, pressée conte le mur à côté de la porte, un bout de papier qu'elle tenait fermement dans ses mains. Ses yeux étaient aussi grands que d'habitude lorsqu'elle croisa mon regard féroce et inhumain.

L'odeur de son sang saturait chaque molécule d'air de la petite pièce. Ma gorge brûlait dans les flammes. Le monstre me lança un regard furieux à travers le miroir de ses yeux, le masque du démon. Ma main hésitait en l'air au dessus du comptoir. Je ne devais pas me retourner sous peine de l'atteindre et de claquer la tête de Mme Cope sur le bureau avec assez de force pour la tuer. Deux vies au lieu de vingt. Un échange. Le monstre attendait avec inquiétude et faim que je le fasse. Mais il y avait toujours le choix - je devais faire ce choix. J'arrêtais le mouvement de mes poumons, et fixais le visage de Carlisle devant mes yeux. Je me tournais pour faire face à Mme Cope, et j'entendis sa surprise intérieure sur mon changement d'expression. Elle s'éloigna de moi, mais sa peur ne prenait pas forme avec des mots incohérents. Je dû user de tout le self-control que j'avais acquis durant une décennie d'abnégation, pour reprendre ma voix régulière et paisible. Il y avait juste assez d'air dans mes poumons pour parler une dernière fois et dire ces mots d'un trait.

- Tans pis. C'est impossible et je comprends. Merci quand même.

Je filais et sortis en vitesse de la pièce, en essayant de ne pas sentir le sang chaud du corps de la fille en passant à plusieurs mètres d'elle. Je ne pouvais pas m'arrêter tant que je n'étais pas dans ma voiture, me déplaçant d'une façon beaucoup trop rapide. Beaucoup d'humains s'étaient déjà sauvés, il n'y avait pu beaucoup de témoins. J'entendais un étudiant en deuxième année de lycée, D.J Garret, m'apercevant, mais il ne me prêta pas plus attention.

Où peut bien aller Cullen? Il semble aussi léger que l'air... Mon imagination me joue des tours. Ma mère me disait toujours...

Lorsque je me glissais dans ma voiture, les autres étaient déjà là. J'essayais de respirer plus calmement, mais j'haletais à l'air frais, comme si j'avais suffoqué.

- Edward ? demanda Alice, d'une voix inquiète

Je secouais juste ma tête vers elle.

- Qu'es-ce qui t'es t-il arrivé? demanda Emmett, distrait, pour le moment, du fait que Jasper n'était pas d'humeur pour une nouvelle partie.

Au lieu de répondre, je reculais la voiture en arrière en démarrant sur les chapeaux de roues. Je devais sortir de ce terrain avant que Belle Swan ne puisse me suivre ici, également. Mon propre démon, me dégoûtais. Je jetais la voiture sur le parking et accélérais. J'atteignis les quarante avant d'être sur la route, j'atteignis soixante dix avant de prendre le virage. Sans regarder, je savais que Emmett, Rosalie et Jasper s'étaient tous retournés pour fixer Alice. Elle haussa les épaules. Elle ne pouvait pas voir ce qui c'était passé, seulement ce qui était à venir. Elle regardait dans ma direction maintenant. Nous considérant l'un l'autre ce que nous avions vu dans nos tête, nous étions tous les deux surpris.

- Tu pars ? chuchota-t-elle. Les autres me fixaient maintenant.
- Oui, sifflais-je a travers mes dents.

Elle voyait cela puis, comme ma décision était hésitante et que d'autres choix menaient mon futur dans une sombre direction. Bella Swan, morte. Mes yeux luisants, cramoisis avec le sang frais. La recherche continuait. Le temps de la prudence que nous attendions avant d'être sûr de pouvoir partir et recommencer...

- Oh, dit-elle.

Les images devenaient plus claires. Je voyais la maison du chef Swan dans un premier temps, je voyais Bella dans une petite cuisine avec les placards jaune, dos à moi, comme si je la surveillais dans l'ombre...laissant son parfum m'attirer vers elle...

- Stop ! gémis-je, incapable d'en supporter d'avantage.
- Désolée, chuchota elle, ses yeux grand ouverts.

Le monstre se réjouissait. Et la vision dans sa tête changeait à nouveau. Une autoroute déserte le soir, les arbres couverts de neiges, défilant à plus de deux cents kilomètres par heure.

- Tu me manqueras. dit elle. Pas de problème pour le temps que tu partiras. Emmett et Rosalie échangèrent un regard inquiet. Laissez tomber. Tu devrais le dire à Carlisle toi même.

J'hochais la tête, et la voiture crissa à cause d'un arrêt soudain. Emmett, Rosalie et Jasper sortirent en silence; Alice leur expliquerait quand je serais parti. Alice toucha mes épaules.

- Tu feras le bon choix, me murmura-t-elle. Ce n'était pas une vision cette fois, mais un ordre. Elle est la seule famille de Charlie Swan. Cela le tuerait, aussi.
-Oui, dis-je, d'accord uniquement avec la dernière partie.

Elle se glissa à l'extérieur pour se joindre aux autres, ses sourcils se rejoignaient avec anxiété. Ils fondirent sur le bois, hors de vue avant que je ne puisse tourner la voiture. J'accélérais vers la ville, je savais que les visions d'Alice étaient des flashs sortis des ténèbres qui brillaient telle une courte lumière. Je me hâtais de retourner à Forks, je n'étais pas sûr de ce que j'allais faire. Dire au revoir à mon père ? Ou pour embraser le monstre en moi ? La route s'envolait derrière mes pneus.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 10:11

Modifié le mercredi 01 avril 2009 11:28

Chapitre 2

__Je m'adossai à un banc de neige, laissant la poudre sèche se tasser sous mon poids. Ma peau était aussi froide que l'air ambiant, et de petits bouts de glaces recouvraient ma peau d'un voile de velours. Le ciel au dessus de moi était pur, brillant et étoilé, d'un bleu rougeoyant par endroit, parfois jaune. Les étoiles créaient des formes majestueuses et tourbillonnantes dans l'univers noir – une vision impressionnante. D'une extraordinaire beauté. Enfin, ça aurait dû l'être. Ca l'aurait été, si j'avais été capable de vraiment le voir.
Je ne notai aucune amélioration, je n'allais pas mieux. Six jours avaient passé. Six jours que je me cachais, ici, dans la vide et sauvage région de Dénali, et pourtant j'étais toujours aussi loin de la liberté que le jour où j'avais sentis son odeur pour la première fois. Quand je regardais ce ciel comme incrusté de pierres précieuses, c'était comme s'il y avait un obstacle entre mes yeux et cette beauté. Cet obstacle était un visage, juste un simple visage, mais qui s'imposait à mon esprit sans en daigner repartir.

J'entendis les pensées approcher avant même que je n'entendre les pas qui les accompagnaient. Le bruit que le mouvement produisait n'était guère plus qu'un murmure dans la neige poudreuse. Je n'étais pas surpris que Tanya m'ait suivi jusqu'ici. Je savais qu'elle répétait la conversation qui allait venir depuis plusieurs jours déjà, et qu'elle l'ait repoussée encore en encore jusqu'à ce qu'elle soit sûre de savoir ce qu'elle voulait me dire. Elle jailli dans mon champs de vision soixante lieues au loin, sautant sur une roche noire.
La peau de Tanya avait des reflets argentés à la lumières des étoiles. Ses long cheveux ondulé étaient pale et brillants, presque rose avec leur reflets fraise. Ses yeux d'ambre brillaient tandis qu'elle m'espionnait, à moitié cachée par la neige, et ses lèvre s'étirèrent doucement en un large sourire.

« Magnifique »

Si j'avais était capable de vraiment la regarder. Je soupirai. Elle s'accroupie sur le bord du rocher noir, le bout de ses doigts effleurant la roche, son corps sal.

Boulet de canon ! pensa-t-elle.

Aussitôt, elle se lança dans les airs, et ses formes devinrent sombres, comme une ombre tournant en vrille gracieusement entre le ciel et moi. Tel un boulet de canon, elle vint frapper l'amas de neige qui s'entassait près de moi. Un tourbillon de neige vola autour de moi, cachant les étoiles, et je fus bientôt complètement recouvert de neige. Je soupirai à nouveau, mais ne fis rien pour me dégager. Même avec de la neige devant les yeux, je voyais toujours la même chose : le même visage.

- Edward ?

La neige voleta à nouveau lorsque qu'elle entreprit doucement de le déterrer. Elle épousseta la poudreuse de mon visage immobile, sans pour autant rencontrer mon regard.

- Désolé. Murmura-t-elle. C'était une blague.
- Je sais. C'était drôle

Son sourire se fana.

- Irina et Kate disent que je devrais te laisser tranquille. Elles pensent que je t'ennuis.
- Pas du tout. Au contraire, c'est moi qui ai été grossier, incroyablement grossier. Je suis vraiment désolé.

« Tu t'en va, n'est-ce pas ? »

- Je n'ai pas encore totalement décidé de ça.

« Mais tu ne restes pas ». Sa pensée était mélancolique à présent, triste.

- Non. Ca n'a pas l'air de beaucoup m'aider. Elle grimaça. « C'est à cause de moi, hein ? »
- Bien sur que non. Mentis-je sans réfléchir.

« Ne fais pas le gentleman ! Ma présence t'embarrasse ».
Elle leva un sourcil, en une expression si dubitative que je fus forcé de rire. Une sorte de rire, qu'aucun regard ne suit.

- Non... D'accord, admis-je. Un peu.

Elle soupira à son tour et prit son menton dans ses mains. Ses pensées étaient pleines de chagrin.

- Tu es mille fois plus digne d'amour que toutes ces étoiles, Tanya. Bien sûr, j'imagine que tu le sais déjà. Ne laisse pas mon attitude entamer ton assurance. J'eu un petit rire en pensant à cette différence.
- Je ne suis pas habituée à être rejetée, grommela-t-elle, avec une moue séductrice de sa lèvre inférieure.
- Ça je veux bien te croire. Agréai-je en essayant de repousser ses pensées qui se dirigeaient à présent vers ses milliers de conquêtes passées.

Généralement, Tanya préférait les hommes humains, ils étaient plus attirants que nous, avec l'avantage que représentait leur douceur et leur chaleur. Et eux, étaient certainement toujours consentants.

- Succubes, la charriai-je, espérant réussir ainsi à stopper le flot d'images dans sa tête.
- Et fière de l'être, grimaça-t-elle en découvrant ses dents blanches.

Contrairement à Carlisle, Tanya et ses s½urs avaient développé leur conscience progressivement, lentement. Au final, c'était leur penchant pour les hommes humains qui avait poussé les s½urs au bord du massacre. A présent les hommes qu'elles aimaient s'en sortaient vivant.

- Quand tu es arrivé ici, dit lentement Tanya, j'ai cru que...
- Tu as cru que j'avais changé d'avis. J'ai toujours su ce qu'elle avait cru. Et, d'ailleurs, j'aurais du deviner qu'elle ressentira ça. Mais à ce moment là, je n'étais pas capable d'analyser quoi que ce soit.
- Oui, dit-elle sombrement.
- Je suis désolé de jouer avec tes sentiments comme ça, Tanya. Je n'avais pas l'intention de... je n'ai pas réfléchi. C'est juste que je suis parti de chez moi avec un certain sentiment d'urgence.
- Je suppose que tu ne veux pas me dire pourquoi ?

Je m'assis et entoura mes jambes de mes bras. Position défensive.

- Je ne veux pas en parler.

Tanya, Irina et Kate excellaient dans le mode de vie qu'elles avaient choisi d'avoir. Si on mettait de côté la proximité malsaine qu'elles se permettaient d'avoir avec ceux qui auraient dû être leurs proies, elles ne commettaient pas d'erreurs. J'avais trop honte pour avouer ma faiblesse à Tanya.

- Des problèmes avec les femmes ? devina-t-elle, ignorant ma réticence.
- Pas dans le sens où tu l'entends. J'éclatai de rire.

Alors elle se tut. J'écoutai ses pensées remuer des dizaines de suppositions, pour trouver le sens caché de mes paroles.

- Tu n'y es vraiment pas là, lui dis-je.
- Un indice ?
- Laisse tomber, Tanya. S'il te plait.

Elle se tut à nouveau et continua à spéculer. Je l'ignorai et tentai vainement d'admirer les étoiles. Elle finit par abandonner, et ses pensées se dirigèrent ailleurs.

« Où iras-tu Edward, si tu t'en va ? Chez Carlisle ? »

- Je ne pense pas. Soupirai-je.

Où irai-je ? Dans toute la planète, je ne connaissais pas le moindre lieu qui m'attire un tant soi peu. Il n'y avait rien que je veuille voir ou faire. Je ne voulais aller nulle part. Tout ce que je voulais, c'était fuir.
Je détestai ça. Quand étais-je devenu aussi lâche ?
Tanya enroula ses bras minces autour de mes épaules. Je me figeai mais ne la repoussai pas. Ce n'était que du réconfort amical. Sûrement.

- Je pense que tu vas y retourner, dit-elle, sa voix reprenant soudain son ancien accent russe. Peu importe la chose ou la personne qui te hante. Tu y feras face. Tu es ce genre de personne.

Ses pensées étaient en parfait accord avec ses paroles. J'essayai de me figurer cette vision qu'elle avait de moi-même. Celui qui fait face. C'était agréable de m'imaginer à nouveau ainsi. Je n'avais jamais douté de mon courage, de ma capacité à faire face aux difficultés, avant que cette horrible heure de biologie ne survienne au lycée, il y a si peu de temps. Je l'embrassais sur la joue et me retirai alors qu'elle tournait son visage vers le mien. Elle sourit de ma rapidité.

- Merci Tanya. J'avais besoin d'entendre ça.
- De rien, je suppose. J'espère que tu seras plus raisonnable pour certaines choses. Ses pensées s'irritèrent.
- Je suis désolé, Tanya. Tu sais bien que tu es trop bonne pour moi. Je n'ai pas encore trouvé ce que je cherche.
- Et bien si tu pars avant que je puisse te revoir. Au revoir, Edward.
- Au revoir Tanya.

Tandis que je disais ces mots, je pouvais le voir. Je pouvais me voir partir. Etre assez fort pour oser retourner au seul endroit où je désirais être.

- Encore merci, ajoutai-je.

En un mouvement agile, elle se leva. Et là elle partit, glissant dans la neige si vite que ses pieds n'avaient même pas le temps de s'enfoncer dans la poudreuse ; elle ne laissa aucune emprunte derrière elle. Elle ne regarda pas en arrière. Mon rejet l'avait beaucoup plus touché qu'elle ne le laissait paraître, même dans ses pensées. Elle ne voulait plus me revoir avant que je parte. Ma bouche se tordit de chagrin. Je n'aimais pas blesser Tanya, même si ses sentiments n'étaient pas profonds, même s'ils n'étaient pas purs, et même si de toute manière ils n'étaient pas réciproques. Mais j'avais m'impression de ne pas du tout me conduire en gentleman.

Je posai mon menton sur mes genoux et regardai les étoiles à nouveau, soudain anxieux de partir. Je savais qu'Alice verrait mon départ, et qu'elle l'annoncerait à tous les autres. Ça les rendra sûrement heureux surtout Calisle et Esmée. Mais je m'accordai un moment supplémentaire pour contempler les étoiles, pour voir ce visage qui hante mon esprit. Entre moi et les lumières scintillantes du ciel, une fascinante et étrange paire d'yeux couleur chocolat me rendait mon regard, se demandant sûrement ce que mon retour aller signifier pour elle. Bien sûr que je ne pouvais pas être réellement certain que c'était cette information là que ces étranges yeux cherchaient. Même dans mon imagination, je ne pouvais entendre ses pensées. Les yeux de Bella Swan continuèrent de poser leurs questions. Avec un lourd soupir, j'abandonnai et me levai. En courant, je serais dans la voiture de Carlisle dans moins d'une heure. Dans d'urgence de voir ma famille et tout en voulant absolument devenir le Edward qui faisait face aux difficultés, je traçais dans la neige scintillante, sans laisser de traces.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 11:00

Modifié le mercredi 01 avril 2009 11:27

- Ça va aller. Murmura Alice.

Ses yeux étaient dans le vague, et Jasper gardait une main légèrement en dessous de son coude, la guidant alors que nous faisions tous ensemble la queue à la cafétéria. Rosalie et Emmett étaient devant. Emmett donnait la ridicule impression d'un garde du corps infiltré en territoire ennemi. Rose avançait d'un pas circonspect elle aussi, mais plus par irritation que par protection.

- Bien sûr que ca va aller, grommelai-je

Leur attitude était risible : si je n'avais pas cru possible que je puisse supporter ce moment, je serais resté chez moi. Le brusque décalage entre notre normale et même amusante matinée. Il avait neigé durant la nuit, et Emmett et Jasper s'étaient acharnés à me lancer des boules de neiges avant de se bombarder mutuellement et cette overdose de vigilance aurait pu être comique si elle n'avait pas été aussi irritante.

- Elle n'est pas encore arrivée, mais elle sera bientôt là. Elle ne sera pas dans le vent si on s'assoit au même endroit que d'habitude.
- Evidemment qu'on va s'asseoir au même endroit que d'habitude. Arrête Alice. Tu me tape sur le système. Tout ira parfaitement bien pour moi.

Elle cligna des yeux une fois tandis que Jasper la faisait s'asseoir sur sa chaise et elle commença à se focaliser sur mon visage.

- Humm, dit-elle, comme surprise. Je pense que tu as raison.
- Evidemment. Murmurai-je.

Je détestai être autant surveillé. Je commençai à éprouver de la sympathie pour Jasper, en me souvenant combien nous l'avions surprotégé par moment. Je rencontrai son regard, il grimaça.

« Ennuyeux, n'est-ce pas ? »

Je suis accordai une grimace. Etait-ce vraiment il y a seulement une semaine que je trouvai cette pièce terne d'un ennui mortel, que c'était comme dormir ou être dans le coma que d'être là ?

Aujourd'hui mes nerfs étaient tendus à l'extrême – comme les corde d'un piano, assez tendues pour pouvoir chanter sous la plus légère pression. Tous mes sens étaient en alerte maximale ; je scannais chaque son, chaque soupir, chaque mouvement du vent sur ma peau, chaque pensée. Surtout les pensées. Il n'y avait qu'un seul sens que je verrouillais, que je me refusais d'utiliser. L'odorat, évidemment. Je ne respirais pas. Cependant, je m'attendais à entendre plus de choses sur les Cullen dans les pensées que je scannais. Chaque jour j'écoutais, en quête de nouvelles informations que Bella Swan aurait pu confier, j'essayais de savoir sur quoi portaient les nouvelles discussions. Mais il n'y avait rien. Personne n'avait remarqué les cinq vampires qui s'étaient introduit dans la cafétéria, tout était exactement comme le jour où la nouvelle était arrivée. La plupart des humains ici pensaient à cette fille, les mêmes pensées que la semaine précédente. Au lieu de trouver ça passablement ennuyeux, à présent j'étais fasciné.

« Avait-elle parlé de moi ? »

Il était impossible qu'elle n'ait pas remarqué mon regard noir et meurtrier. Je l'avais vu réagir. Je l'avais sûrement bêtement terrifié. Je m'étais convaincu qu'elle l'aurait mentionné à quelqu'un, et même en exagérant un peu, pour rendre l'histoire plus intéressante. Qu'elle m'aurait attribué quelques répliques menaçantes. En plus, elle m'avait également vu demander à changer mes horaires de biologie. Après avoir vu de quelle manière je l'avais regardé, elle aurait certainement dût se demander si elle en était la cause. Une fille normale aurait demandé autour d'elle, comparé son expérience avec celle des autres, chercher un terrain d'entente qui pourrait expliquer ma réaction, pour ne pas se sentir exclue. Les humains sont constamment et désespérément désireux d'être dans la norme, d'être intégrés partout où ils sont. Devenir un troupeau de moutons ordinaires. Ce besoin était particulièrement fort durant l'adolescence. Et cette fille ne ferait sûrement pas exception à la règle.

Mais personne ne semblait avoir remarqué notre présence, assis à cette même table. Bella devait-être exceptionnellement timide, si elle ne s'était confiée à personne. Peut-être en avait-elle parlé à son père, peut-être qu'ils étaient proche...ce qui paraissait cependant peu probable, étant donné du peu de temps qu'elle avait passé avec lui durant sa vie. Néanmoins, j'allais certainement devoir passer devant le Chef Swan de temps en temps pour savoir ce qu'il pensait.

- Du nouveau ? demanda Jasper
- Non. On dirait qu'elle n'en a parlé à personne. En apprenant cette nouvelle, ils levèrent tous un sourcil.
- Peut-être que tu n'es pas aussi effrayant que tu le crois, dit Emmett en rigolant. Je suis prêt à parier que je lui aurais fait bien plus peur que ça. Je roulais mes yeux dans sa direction.
- Je me demande pourquoi... ? Il était encore déconcerté du mystérieux silence de la jeune fille.
- Tu n'es pas le seul à te le demander. Je n'en sais rien.
- Elle arrive, murmura Alice. Je sentis mon corps se raidir. Essayez d'avoir l'air humain.
- Tu as bien dis humain ? demanda Emmett.

Il leva son poing droit et bougea les doigts, révélant la boule de neige qu'il avait gardée dans sa paume. Bien sûr, gardée là, elle n'avait pas fondu, d'autant plus qu'il l'avait compressé en un petit tas de glace. Ses yeux étaient sur Jasper, mais je voyais vers où se dirigeaient ses pensées. Tout comme Alice je suppose. Lorsqu'il lança brutalement le glaçon dans sa direction, elle l'évita facilement, d'un instinctif et léger mouvement de la main. La glace ricocha et traversa la cafétéria a toute vitesse – trop vite pour être vue des humains – et s'écrasa avec un craquement contre le mus de briques. Les briques craquèrent également. Les têtes de cette partie de la salle remarquèrent le petit tas de glace brisé sur le sol, et commencèrent à chercher le coupable. Mais ils ne regardèrent jamais plus loin que quelques tables à le ronde, et aucun d'eux ne posa à un seul instant le regard sur nous.

- Super, très humain Emmett, remarqua Rosalie sur un ton de reproche. Pourquoi tu ne donnes pas un coup de poing dans le mur, pendant que tu y es ?
- Ça serait plus impressionnant si c'était toi que le faisait, bébé.

J'essayai de leur prêter un peu attention, gardant une grimace accrochée à mon visage, comme si j'étais complice de leur plaisanterie. Je m'interdisais formellement de regarder vers la file d'attente où je savais qu'elle se trouvait. Mais je ne pouvais m'empêcher d'écouter. Je pouvais entendre les pensées de Jessica et l'impatience qu'elle manifestait envers la nouvelle élève. Elle semblait distraite, et ne faisait pas attention à la file d'attente qui avançait. Je vis par les yeux de Jessica que les joues de Bella avaient à nouveau cette teinte rosie par un flux de sang. Je respirais à présent par petits à-coups rapides, prêts à arrêter de respirer à tout moment si son odeur devait contaminer l'air autour de moi.

Mike Newton était avec les deux filles. J'entendis ses deux voix, mentale et verbale, quand il demanda à Jessica ce qui n'allait pas avec la fille Swan. Je n'aimais pas sa manière dont toutes ses pensées l'enveloppaient, comment ses fantasmes embrumaient son esprit lorsqu'il la vit sortir de sa rêverie comme si elle avait oublié qu'il était là.

- Rien, dit Bella de sa voix claire et tranquille. Je ne prendrais qu'une limonade aujourd'hui. Continua-t-elle en bougeant pour rattraper son retard dans la file d'attente.

Elle sembla raisonner comme une cloche dans le brouhaha de la cafétéria, mais je sais que c'était uniquement parce que je me focalisais sur elle avec autant d'intensité. Je ne pouvais pas m'empêcher de lancer un regard dans sa direction. Elle fixait le sol, et le sang fuyait progressivement son visage. Je détournai rapidement le regard et rencontrai celui d'Emmett, qui riait devant le sourire tordu que j'abordai à présent.

« T'as une sale tête, frangin »

Je repris contenance et tentai de transformer me grimace en une expression naturelle. Jessica était en train de s'interroger sur le manque d'appétit de la jeune fille.

- Je suis un peu patraque. Sa voix était plus basse, mais toujours aussi claire.

Pourquoi est-ce que ça me dérangea à ce point, que tout dans les pensées de Mike Newton traduise un fort besoin de la protéger à cet instant précis ? Qu'est-ce que ça change que ses pensées soient si possessives ? Ca ne me regardait pas, si Mike Newton se sentait si inquiet pour elle ! Peut-être était-ce ainsi que tout le monde réagissait à son sujet. N'avais-je pas moi-même instinctivement voulu la protéger ? Avant même de vouloir la tuer, c'était la première chose qui... Mais était-elle vraiment malade ? C'était difficile d'en juger elle avait l'air di délicate avec sa peau translucide. Quand je réalisais que j'étais à mon tour en train de m'inquiéter, à l'instar de ce stupide mec, je me forçais à ne plus penser à sa santé. De toute façon, je n'aimais pas l'observer par les yeux de Mike, alors je changeais pour Jessica, qui était en train de chercher une place où s'asseoir. Par chance, ils s'assirent avec les mêmes personnes qu'habituellement, à l'une des premières tables de la grande pièce. Comme l'avait prédit Alice, elle n'était pas dans le vent. Alice me donna un coup de coude.

« Elle va regarder par ici. Essaie d'avoir l'air humain »

Mes dents se serrèrent derrière ma grimace.

- Détend-toi Edward, dit Emmett. Honnêtement. Ok, tu tues un humain. Et Alors ? Ce n'est pas la fin du monde.
- Si tu savais, murmurai-je.
- Tu devrais apprendre à relativiser, dit-il en riant. Comme je l'ai fais. L'éternité donne toujours le temps de purger notre peine.

A ce moment précis, Alice sortit une poignée de glace qu'elle cachait dans sa paume et la jeta au visage d'Emmett. Celui-ci cligna des yeux, surprit, puis sourit.

- Tu l'auras voulu, dit-il.

Et là, il se pencha sur la table et ébroua ses cheveux incrustés de glace dans notre direction. La neige, fondant dans la salle surchauffée, vola de ses cheveux et nous éclaboussa.

- Eh ! Se plaignit Rosalie, alors qu'elle et Alice reculaient face au déluge.

Alice éclata de rire, et nous lui fîmes tous échos. Je pus clairement voir dans sa tête comment elle avait orchestré ce moment parfait, et que la fille je devrais arrêter de penser à elle de cette façon, elle n'est pas la seule fille sur terre et donc que Bella nous regarderait rire et jouer, aussi humain et heureux, une scène d'un idéal aussi irréel qu'un tableau de Norman Rockwell. Alice continua de rire et leva son plateau comme un bouclier. La fille... Bella devait être encore en train de nous regarder.

« Encore en train de fixer les Cullen »

Je tournai automatiquement les yeux vers celui ou celle qui m'avait involontairement appelée, réalisant alors que mon regard trouvait sa destination que je connaissais cette voixje l'avais tellement écoutée aujourd'hui. Mais mes yeux glissèrent sur Jessica, et se focalisèrent sur le regard pénétrant de la jeune fille. Elle baissa les yeux rapidement, se cachant encore une fois derrière ses épais cheveux bruns. A quoi pensait-elle ? La frustration semblait devenir un peu plus aigue à chaque fois. J'essayai – sans vraiment savoir ce que je faisais, comme je n'avais jamais fais ça auparavant - de sonder avec mon esprit le silence qui l'entourait. Je pouvais utiliser ouïe ultra fine sur naturellement, sans avoir à me concentrer ; je n'avais jamais eu de problème avec ça. Mais à présent je me concentrai, essayant de traverser je ne sais quel bouclier qui l'entourait. Rien que du silence.

« Mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec elle ? »

- Edward Cullen te regarde, chuchota-t-elle à l'oreille de Bella, ajoutant un gloussement.

Il n'y avait aucune trace de sa jalousie dans son ton. Jessica devait sans doute être très douée pour jouer les fausses amies. J'écoutai, attentivement, la réponse de la jeune fille.

- Il n'a pas l'ai furieux, hein ? murmura-t-elle.

Elle avait donc remarqué la réaction sauvage que j'avais eue la semaine dernière.
Evidemment. Sa question perturba Jessica, et je vis mon propre visage par ses yeux tandis qu'elle essayait d'analyser mon expression, mais je ne rencontrai pas son regard. J'étais toujours aussi concentré sur la fille, essayant d'entendre quelque chose. Et ma focalisation n'arrangeait rien.

- Non, lui dit Jessica je savais qu'elle espérait pouvoir dire oui même si elle n'y laissait rien paraître. Il devrait ?
- Je crois qu'il ne m'apprécie guère, répondit la fille dans un murmure.
Elle posa sa tête sur son bras comme si elle était soudain fatiguée. J'essayai d'interpréter ce geste, mais encore une fois je ne pouvais faire que des suppositions. Peut-être qu'elle était vraiment fatiguée.

- Les Cullen n'aiment personne, la rassura Jessica. Enfin, disons qu'ils ne s'intéressent pas assez aux autres pour les aimer.

« Ils n'ont jamais été habitués à ça »

- En tout cas, il continue à t'admirer.
- Arrête de le regarder, dit la jeune fille nerveusement, levant sa tête de son bras pour vérifier que son amie obéissait bien à son ordre.

Jessica eu un petit gloussement, mais obtempéra. La fille ne leva pas les yeux de sa table durant tout le reste de l'heure. Je pense bien sur, je ne pouvais être sûr de rien que c'était délibéré. On aurait dit qu'elle voulait me regarder. Comme si son corps se décalait légèrement dans ma direction, comme si son menton était sur le point de pivoter vers moi, mais qu'à ce moment là elle reprenait le contrôle d'elle-même, prenait une profonde inspiration et se remettait à regarder fixement la personne qui était en train de lui parler. J'ignorai la plupart des autres pensées qui l'entouraient, comme si elles n'étaient pas là. Mike Newton était en train de projeter une bataille de boule de neige sur le parking à la fin des cours, sans se douter que la poudreuse avaient déjà fondue pour devenir de la boue glaciale. Le flottement des flocons mous contre le toit était devenu le bagout plus commun des gouttes de pluie. N'entendait-il vraiment pas le changement ? Pour moi, c'était vraiment bruyant. Quand le temps réservé au repas fut terminé, je restai sur ma chaise. Les humains s'en allaient, et je me surpris à essayer de distinguer le son de ses pas parmi les autres, comme si c'était une information capitale. C'était d'un stupide. Ma famille ne fit aucun mouvement de sortie, non plus. Ils attendaient de voir ce que j'allais faire. Irai-je en cours, assis à côté de cette fille dont le sang me faisait autant d'effet, et dont je pourrais sentir la chaleur de son c½ur dans l'air sur ma peau ? Etais-je assez fort pour endurer ça ? Ou en avais-je déjà eu assez pour la journée ?

- Je pense que c'est bon, dit Alice d'un ton hésitant. Ton esprit va bien. Je pense que ça ira pour une heure. Mais Alice savait aussi combien un esprit peut changer d'avis.
- Pourquoi te forcer Edward, dit Jasper, et même s'il ne voulait pas avoir l'air suffisant pour une fois que ce n'était pas lui le faible de l'histoire, je savais qu'il l'était, un peu. Rentre à la maison. Détend-toi.
- Où est le problème ? répliqua Emmett. Moi je dis qu'il faut relativiser. Qu'il la tue ou non, qu'est-ce que ça change ?
- Je ne veux pas encore déménager, se plaignit Rosalie. Je ne veux pas tout recommencer depuis le début. On est presque à la fin du lycée, Emmett. Enfin.

J'étais moi aussi déchiré en deux dans cette décision. Une part de moi voulait, désirait plus que tout faire face plutôt que fuir à nouveau. Mais je ne voulais pas non plus me pousser au-delà de mes capacités, et aller trop loin. C'était une erreur pour Jasper de rester si longtemps sans chasser la semaine dernière, et était-ce injustifié ? Je ne voulais pas déraciner ma famille. Personne ne me remerciera pour ça. Mais je voulais aussi retourner en cours de biologie. Je réalisai que je voulais revoir son visage. C'est ce qui me décida. Cette curiosité. J'étais en colère contre moi-même de ressentir ça. Ne m'étais-je pas promis que je ne laisserais pas le silence de son esprit me faire m'intéresser excessivement à elle ? Et maintenant, me voilà totalement et excessivement fasciné par elle. Je voulais savoir ce qu'elle pensait. Si son esprit était fermé, ses yeux, eux, étaient grands ouverts. Peut-être que je pourrais lire ses pensées par leur intermédiaire.

- Non Rose, je pense vraiment que ça va aller, dit Alice. C'est quasi-certain. Il y a quatre vingt treize pourcent de chance qu'il ne se passe rien d'inquiétant s'il va en cours.

Elle me lança un regard inquisiteur, se demandant ce qui dans mon esprit avait rendu sa vision aussi sûre. La curiosité sera-t-elle suffisante pour garder Bella Swan en vie ? Emmett avait raison, pourquoi ne pas relativiser ? J'allai faire face, et résisterai à la tentation.

- Allez en cours, ordonnai-je en reculant pour sortir de table.

Je me tournai et m'éloignai d'eux sans regarder en arrière. Je pouvais entendre l'inquiétude d'Alice, la désapprobation de Jesper, la complicité d'Emmett et l'irritation de Rosalie traîner derrière moi. Je pris une dernière et profonde inspiration devant la porte et le retint dans mes poumons tandis que j'entrais dans la petite salle chauffée.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 11:47

Modifié le vendredi 27 février 2009 20:06